PS Gestion de Aminata Mbengue Ndiaye : Alioune Ndoye, Serigne Mbaye Thiam & Co lancent la fronde

Face à une direction jugée «atone» et un effondrement électoral historique, un collectif de figures de proue du Parti socialiste (Ps) lance le manifeste «Dundal Ps». Ce cri de ralliement, porté par des ténors comme Alioune Ndoye et Serigne Mbaye Thiam, appelle à une refondation radicale pour «faire revivre» l’héritage de Senghor et Diouf avant qu’il ne sombre définitivement dans l’insignifiance.

Par B. SAKHO – Un parti à la croisée des chemins. Après avoir été traversé par un «courant» de pensée du temps de Djibo Ka et la rupture avec Moustapha Niasse pendant sa glorieuse époque et de Khalifa Sall, de Barth’ et de Mme Aïssata Tall Sall plus tard, le Parti socialiste (Ps) traverse une nouvelle crise profonde de son histoire. Le manifeste «Dundal Ps» (Faire revivre le Ps) n’est pas une simple contestation interne, mais un acte de vérité face à un constat clinique alarmant : le parti «vacille» et son poids électoral s’érode dangereusement.

Un bilan électoral et politique au point mort
Les signataires ne mâchent pas leurs mots. Ils pointent du doigt : l’effondrement électoral comme le passage à un seul député lors des Législatives de novembre 2024 décrit comme le symbole d’un recul sans précédent et l’invisibilité médiatique. Le Ps est jugé «inaudible» dans les débats nationaux et quasi inexistant sur les réseaux sociaux. Sans oublier «la léthargie post-Tanor», car depuis le décès de Ousmane Tanor Dieng en 2019, le parti s’est enfoncé dans un vide d’initiative.

Une rupture avec la gestion actuelle
Le texte dénonce des «initiatives de relance en trompe-l’œil». Les séminaires et commissions mis en place par la direction actuelle sont perçus comme des manœuvres de diversion visant à calmer la base plutôt qu’à résoudre les problèmes de fond. Les promesses de congrès sans cesse reportées (décembre 2025, puis janvier 2026) ont fini de briser la confiance des militants.

La stratégie du renouveau : «Revivre, se renforcer, se rassembler»
Pour sortir de l’immobilisme, «Dundal Ps» propose une architecture renouvelée : simplifier les structures de base (comités, sections) qui «tournent à vide», investir massivement dans la communication numérique et la formation des militants, et placer les jeunes et les femmes à des positions clés dans la pyramide décisionnelle.

Les visages de la contestation : une «garde rouge» déterminée
La force de ce manifeste réside dans la qualité de ses primo-signataires. Il ne s’agit pas de militants de l’ombre, mais de piliers de l’appareil socialiste comme entre autres Alioune Ndoye, maire de Dakar-Plateau et directeur de l’Ecole du parti, Serigne Mbaye Thiam, Se­crétaire national aux élections, Me Moustapha Mbaye, président du Conseil départemental de Saint-Louis, Mamoudou Wane, Secrétaire national à la vie politique, Juliette Zingan, membre du Secrétariat exécutif national.

Vers un congrès de la dernière chance ?
En s’appuyant sur les concepts de «Nit nitay garabam» (l’homme est le remède de l’homme) et d’Ubuntu, les initiateurs de «Dundal Ps» tentent de réveiller la fibre éthique et philosophique du socialisme senghorien. Le message est clair : le Ps peut s’affaiblir, mais il ne doit pas disparaître. La balle est désormais dans le camp de la direction actuelle. Ce manifeste marque le début d’une confrontation -ou d’une refondation- qui déterminera si le plus vieux parti du Sénégal est capable de redevenir une alternative crédible pour gouverner le pays ou s’il restera une relique du passé.
bsakho@lequotidien.sn



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