Malgré les engagements pris au plus haut sommet de l’Etat, le sort des 44 agents du ministère de l’Energie, du pétrole et des mines reste en suspens. Entre accusations de rupture de contrat et critiques acerbes contre leur tutelle et certains syndicalistes, le collectif durcit le ton et menace de porter l’affaire devant les juridictions internationales pour obtenir leur réintégration immédiate.
Par Justin GOMIS – Une fin de non-recevoir qui ne passe pas. Les 44 agents en cessation d’activités du ministère de l’Energie, du pétrole et des mines ne décolèrent pas. Alors qu’ils espéraient une issue favorable suite aux directives du président de la République et du Premier ministre dans le cadre du Pacte social, leur ministère de tutelle semble avoir fermé la porte à toute reprise.
Réuni en conférence de presse, le collectif a condamné, avec la dernière énergie, cette volte-face. «Le collectif fustige les propos belliqueux tenus par le représentant du ministre Birame Soulèye Diop, lors de l’installation du Comité technique de suivi du Pacte social, signé le 1er mai 2025», a martelé Omar Dramé, coordonnateur du collectif. Pour lui, cette déclaration est une surprise totale qui contredit les promesses de réintégration.
Accusations de trahison et collusion
Le porte-parole des agents estime que cette posture, affichée devant le ministre de la Fonction publique et les partenaires sociaux, traduit une volonté manifeste de l’administration minière de bafouer les engagements pris le 6 août 2025.
Le collectif ne s’en prend pas seulement à la tutelle, mais cible également le Secrétaire général du Syndicat national des mines et de la géologie. Omar Dramé l’accuse de tenir des «propos fallacieux pour nuire à la carrière des 44 agents afin de complaire au ministre». Il n’a pas hésité à qualifier le syndicaliste de représentant «à la solde d’une oligarchie», indigne de porter la voix des travailleurs.
Une situation sociale alarmante
Au-delà de la bataille administrative, c’est un drame social qui se noue. Depuis l’arrêt de leurs contrats, ces pères et mères de famille se retrouvent dans une précarité extrême. «Les travailleurs ne peuvent plus subvenir à leurs besoins élémentaires. Ils sont prêts à donner leur vie pour que leur dignité soit restaurée», avertit le coordonnateur. Face à ce qu’il qualifie d’injustice flagrante, le collectif refuse de rester passif : «La réintégration des agents est non négociable. Nous n’accepterons aucun remplacement sous prétexte de nouveaux recrutements par la Fonction publique.»
Un plan de bataille judiciaire et international
Le collectif interpelle directement le chef de l’Etat et le Premier ministre pour que leurs instructions soient appliquées. Faute de quoi, une offensive juridique d’envergure sera lancée. Les actions prévues incluent : la saisine de la Chambre administrative de la Cour suprême et du Tribunal du travail, l’interpellation de l’Itie (Initiative pour la transparence dans les industries extractives) aux niveaux national et international, et le recours aux organismes internationaux de défense des droits de l’Homme.
Malgré l’interdiction de leur récente marche par le Préfet pour des raisons d’itinéraire, les agents assurent qu’ils utiliseront tous les moyens légaux et conventionnels pour obtenir gain de cause.
justin@lequotidien.sn
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