Restructuration de la dette : LE FMI RÉPLIQUE À SONKO

La Directrice de la communication du Fmi indique que son institution n’impose rien à aucun gouvernement, concernant ses politiques. Il se contente de fournir des analyses et de mettre ses expertises à la disposition des pays membres. Qui décident de ce qu’ils en font. Néanmoins, l’appui financier du Fmi se base sur des analyses rigoureuses quant à la gestion du pays.

La question de la restructuration de la dette sénégalaise occupe toujours les pourparlers avec le Fonds monétaire international. Les incantations du Premier ministre, tendant à faire croire que le refus de toute restructuration n’est pas que du fait de Ousmane Sonko, mais «du président de la Répu­blique, des ministres des Fi­nances et de l’Economie, ainsi que de l’ensemble des membres du gouvernement du Séné­gal», ne semblent pas encore avoir emporté l’adhésion des services de Kristalina Georgieva.
Au cours d’un point de presse tenu dans ses locaux à Washington hier, la Directrice de la communication du Fonds, Mme Julie Kozack, a tenu à souligner que «notre politique au Fmi consiste à travailler en étroite collaboration avec les autorités, à leur fournir des analyses régulières, de mettre notre expertise à leur disposition, et aussi, de suggérer des analyse politiques qu’elles pourraient prendre en considération. Les décisions ne peuvent être prises que par les autorités sénégalaises». La représentante du Fonds a rappelé qu’en fin 2024, le taux d’endettement était de 132% du Pib. Une charge qui plombe fortement les marges du pays, d’autant plus que le pays a suspendu tout programme avec le Fonds. Les communications entamées entre les deux parties pour une reprise de la coopération, n’ont pas encore repris, la question de la restructuration de la dette étant l’un des points d’achoppement des négociations.

Mme Kozack a indiqué que la nouvelle cheffe de mission du Fmi pour le Sénégal, Mme Mercedes Vera Martin, visite Dakar la semaine prochaine. Une visite de prise de contact, qui n’est pas censée relancer les négociations. D’ailleurs, une dépêche de Reuters indique que Mme Vera Martin sera accompagnée de son prédécesseur à ce poste, Edward Gemayel. Le Quotidien avait d’ailleurs remarqué que la nomination au Sénégal de l’ancienne cheffe de mission du Fmi pour la Zambie, serait due à sa maîtrise des questions liées à la restructuration de la dette, comme elle a eu à en conduire dans le pays du «Copperbelt».

Julie Kozack a dit que le Fonds est bien conscient des préoccupations des dirigeants sénégalais, mais avec 132%, la dette crée des vulnérabilités auxquelles il faudrait faire face. D’une manière nuancée, elle a répondu à Sonko : «Tout appui financier que nous fournissons est basée sur une étude soutenable de la dette publique extérieure, et doit s’appuyer sur des politiques et des garanties que les finances sont gérées de manière saine, ce qui est conforme à notre mandat.»
mgueye@lequotidien.sn



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