Souveraineté alimentaire et régulation des prix : Les clarifications de Serigne Guèye Diop

Pour le gouvernement, la souveraineté alimentaire n’est plus un slogan, mais une exigence opérationnelle. Serigne Guèye Diop a réaffirmé que l’importation ne doit plus étouffer la production nationale. Désormais, les importateurs de riz ont l’obligation d’épuiser les stocks locaux avant d’obtenir des licences pour le riz brisé. «Il s’agit d’écouler les stocks nationaux tout en garantissant des débouchés stables aux producteurs sénégalais», a-t-il martelé lors de la conférence de presse du gouvernement d’hier. Avec une consommation mensuelle de 100 000 tonnes et un stock actuel de 400 000 tonnes, le pays dispose d’une marge de sécurité confortable. Le succès de la filière horticole sert de modèle : l’année dernière, le Sénégal a passé neuf mois sans importer d’oignon. Avec un taux de couverture de 75% cette année, l’objectif est désormais l’autosuffisance totale pour l’oignon et la pomme de terre d’ici 2027.

Contrôle des prix : la fin de l’impunité pour les spéculateurs
Face à la vie chère, le ministre a annoncé un renforcement sans précédent de la surveillance des marchés. S’appuyant sur la Direction du contrôle intérieur des prix (Dci) et un contingent de 1000 volontaires, l’Etat ne tolérera aucun dépassement des tarifs homologués. «Des amendes très lourdes seront appliquées. Les stocks peuvent être saisis intégralement et, dans les cas les plus graves, le commerce concerné peut être fermé», a prévenu Serigne Guèye Diop.

Le processus de fixation des prix, décrit comme «rigoureux», passe par des études internationales et des projections statistiques avant d’être validé en Conseil des ministres. Cette régulation s’adapte également aux réalités régionales pour intégrer les coûts de transport, garantissant ainsi l’équité sur tout le territoire.

Arachide : suppression de taxes et soutien aux exportations
La filière arachidière, pilier de l’économie rurale, bénéficie de mesures phares pour la campagne en cours, comme la suppression de la taxe à l’exportation du fait que la taxe de 40 F Cfa est officiellement levée pour rendre l’arachide sénégalaise plus compétitive, notamment sur le marché stratégique chinois. Pour la prise en charge du différentiel de prix, l’Etat s’engage à rembourser aux huiliers (Sonacos et privés) le différentiel de 80 F Cfa entre le prix payé au producteur (250 F Cfa) et le prix de référence (305 à 350 F). Si l’exportation reste libre, le ministre a souligné l’importance de permettre d’abord aux industriels locaux de s’approvisionner pour sécuriser la transformation nationale. En conciliant compétitivité internationale et protection du pouvoir d’achat, Serigne Guèye Diop dessine un nouveau contrat entre l’Etat, les commerçants et les consommateurs, où la discipline du marché devient le garant de la stabilité sociale.



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