Par Cheikh CAMARA – A Fass Boye, le silence est devenu pesant. Dans ce bastion de pêcheurs et d’agriculteurs, l’activité semble suspendue au sort d’une pirogue partie des côtes gambiennes il y a maintenant un mois. Ici, chaque famille compte un fils, un frère ou un cousin parmi les passagers, transformant ce drame en une douleur collective sans précédent.
Une géographie du désespoir
Si Fass Boye est l’épicentre de cette tragédie, l’onde de choc s’étend bien au-delà. Selon les témoignages recueillis sur place, l’embarcation était un véritable miroir de la détresse de la zone côtière de la commune de Darou Khoudoss. Des jeunes de Darou Ndiaye, Diogo et Khonk Yoye auraient également pris place à bord, fuyant la précarité pour un horizon incertain. Faute de nouvelles officielles, les habitants s’organisent en cellules de soutien mutuel pour affronter l’attente.
Le recours au sacré face à l’incertitude
Face au silence des autorités et à l’absence d’informations fiables, le village s’en remet à la foi. Sous l’égide des autorités religieuses et coutumières, les séances de prières et de récitals du Coran se multiplient. «Nous n’avons plus que la prière comme rempart contre le désespoir», confie un habitant, les yeux rivés sur l’océan qui a déjà tant pris à cette communauté.
Le défi persistant de la migration irrégulière
Cette disparition brutale met en lumière l’échec des politiques de sensibilisation dans une région pourtant riche en ressources, mais où la jeunesse ne voit plus d’avenir. Malgré les risques de la «route de l’Atlantique», l’une des plus meurtrières au monde, le rêve européen continue d’exercer une attraction fatale.
cheikh.camara@lequotidien.sn
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