Guédiawaye – Souveraineté alimentaire : Les femmes transformatrices de «Sop Borom Bi» à l’assaut du marché régional
Fort de 500 membres et d’un agrément officiel, le Réseau national des femmes transformatrices, sous l’impulsion de sa présidente Nafy Diouf, engage une phase de modernisation sans précédent. Entre exigence de certification et besoin d’équipements de pointe, ce mouvement stratégique interpelle l’Etat pour transformer l’artisanat local en un véritable fleuron industriel capable de conquérir l’espace Cedeao et l’international.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Elles ne veulent plus être les laissées-pour-compte de l’économie informelle. Réunies sous la bannière percutante de «Sop Borom Bi», les membres du Réseau national des femmes transformatrices entendent révolutionner le secteur de la transformation au Sénégal. A leur tête, Nafy Diouf, une présidente au leadership affirmé, porte les aspirations de plus de 500 professionnelles actives dans l’agroalimentaire, la savonnerie, la javellisation et la cosmétique.
Un maillage national pour la souveraineté économique
Déployées dans plusieurs régions du pays, ces entrepreneures sont les sentinelles de la souveraineté économique. En valorisant les ressources du terroir -fruits, légumes et céréales-, elles transforment des matières brutes en produits à forte valeur ajoutée. «Nous ne nous contentons pas de transformer ; nous créons de la richesse et des emplois durables pour les femmes», plaide une responsable du réseau. Cette dynamique ne se limite pas à l’autonomisation sociale : elle structure un tissu industriel local souvent freiné par l’obsolescence des outils de production.
Le défi de la modernisation : machines et financements
Si le réseau jouit déjà d’une reconnaissance institutionnelle via un agrément du ministère de l’Economie sociale et solidaire, le plafond de verre reste technologique. Pour franchir un nouveau palier, «Sop Borom Bi» interpelle désormais le ministère de la Famille et des solidarités. Le plaidoyer est précis : l’accès à des financements structurants pour l’acquisition de machines modernes. Qu’il s’agisse de broyeurs industriels, de systèmes de mise sous vide ou de chaînes d’emballage automatisées, l’enjeu est la compétitivité. «Sans outils adaptés, nos produits, malgré leur qualité intrinsèque, peinent à rivaliser avec les importations», martèle la présidente Nafy Diouf.
Cap sur la Cedeao et les normes internationales
L’ambition du réseau dépasse désormais les frontières du Sénégal. Pour conquérir les marchés de la zone Cedeao et l’international, la bataille se joue sur le terrain de la conformité. Les femmes transformatrices réclament un accompagnement de l’Etat pour l’obtention de certifications nationales et internationales (normes de sécurité sanitaire), de codes-barres pour l’accès à la grande distribution et d’enregistrements officiels des unités de production. «Sortir de l’informel est une nécessité absolue. Nous voulons que nos produits soient visibles, certifiés et reconnus sur les rayons du monde entier», insiste Mme Diouf.
Dans un contexte où la valorisation des circuits courts est devenue un impératif de développement, le Réseau national des femmes transformatrices s’impose comme un acteur incontournable. Avec «Sop Borom Bi», c’est un nouveau modèle de croissance qui se dessine : une économie solidaire, performante, capable de porter haut les couleurs de l’expertise sénégalaise sur l’échiquier mondial.
latifmansaray@lequotidien.sn
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