Taxation des paris en ligne : Les opérateurs en guerre contre la Lonase

Le ton est monté d’un cran chez les opérateurs de paris et jeux en ligne au Sénégal. Regroupés au sein d’un collectif réunissant Service Online International Sa, Acacia, Vifreda, ainsi que des partenaires affiliés à 1XBet, ils dénoncent une situation qu’ils jugent aujourd’hui «économiquement invivable».

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – A l’origine de cette sortie, les déclarations du Directeur général de la Lonase, qui évoquait récemment une répartition des revenus de 15% pour la Lonase contre 85% pour les opérateurs. Une lecture que les acteurs du secteur rejettent catégoriquement. S’appuyant sur les propos de Barhame Thiam, représentant de 1XBet, le collectif estime que cette présentation ne reflète pas la réalité. Selon lui, les opérateurs supportaient déjà plusieurs prélèvements avant même les nouvelles mesures, notamment des redevances, la Tva, les droits de timbre, ainsi que des commissions sur les transactions financières.
La situation s’est toutefois aggravée depuis le 1er janvier 2026. En cause, la hausse de la redevance Lonase, passée de 15 à 17% dans les contrats initiaux à 30%, une décision qualifiée d’unilatérale par les opérateurs. A cela s’ajoute une nouvelle taxe de 20% sur les revenus. «Aujourd’hui, le cumul de ces prélèvements dépasse les 100% des revenus. Aucun modèle économique ne peut tenir dans ces conditions», alerte Barhame Thiam. Pour le collectif, les conséquences sont lourdes. Il évoque un risque réel de disparition progressive des opérateurs légaux, une baisse des recettes fiscales pour l’Etat, mais aussi des pertes d’emplois directs et indirects dans un secteur en pleine expansion.
Les opérateurs mettent également en garde contre la montée des acteurs clandestins. Selon eux, une fiscalité jugée excessive pourrait pousser les parieurs vers des circuits illégaux, entraînant ainsi un manque à gagner pour l’économie nationale. Dans ce contexte, des plateformes internationales comme 1XBet et leurs partenaires s’estiment pénalisées malgré leur statut légal et leur contribution aux recettes publiques. Malgré la tension, les membres du collectif affirment ne pas être dans une logique de confrontation. Ils disent ne rechercher ni privilèges, ni traitement de faveur, mais plaident pour un cadre économique «clair, juste et soutenable».
Ils rappellent avoir déjà consenti des efforts en acceptant certaines mesures fiscales récentes, notamment la taxe de 20%, et se disent disposés à accompagner l’Etat dans le renforcement des recettes publi­ques. Face à cette situation qu’ils jugent critique, les opérateurs lancent un appel aux autorités pour l’ouverture rapide d’un dialogue. Selon eux, il est encore possible d’éviter une crise profonde du secteur, à condition d’engager des discussions constructives.
latifmansaray@lequotidien.sn



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