Après son échec à la Primature : Le départ du Premier ministre s’imposait

Véritablement la mise en place du premier gouvernement de la troisième Répu­blique a été un énorme gâchis, par le fait d’un déficit criard d’expérience du Premier ministre durant près de deux (2) ans. Il n’a pas su faire la part des choses entre la Politique et la Constitution.
Et, en ne maîtrisant pas l’esprit de ladite Constitution sénégalaise, il s’est engouffré dans une opposition permanente et maladroite, vis-à-vis du président de la République qui l’avait nommé à ce poste et à ce rang. Que donc, sur ce plan-là, la Constitution assoit des normes de séparation entre deux territoires, à savoir : celui d’un président de la République élu au suffrage universel par tout un Peuple et le pouvoir d’un Président de parti qui a ses limites.
En cela, le Premier ministre avait-il la capacité de diriger un tel gouvernement où la plupart des femmes et des hommes qui le composaient n’appréhendaient guère la profondeur de ladite Constitution sénégalaise ? Ils suivaient donc, de manière aveugle, les directives et les instructions d’un président de parti politique, oubliant l’essence quant à leurs missions auprès des populations et de la République. L’avenir en apportera une lumière et édifiera tout un Peuple dans la patience.
A cet effet, dans le préambule de ladite Constitution sénégalaise, celle-ci énonce que «le Peuple du Sénégal souverain : profondément attaché à ses valeurs culturelles, fondamentales qui constituent le ciment de l’unité nationale ; convaincu de la volonté de tous les citoyens, hommes et femmes, d’assumer un destin commun par la solidarité, le travail et l’engagement patriotique […]».
Or, dès l’accession à la magistrature suprême du parti au pouvoir, des ministres et des directeurs de société se sont illustrés par des positions dominantes, en déphasage avec les principes de la République et de la bonne gouvernance. Ils ont procédé à des licenciements arbitraires dans plusieurs entreprises, et recruté [dans le même temps] leurs propres militants qui ignoraient le bon fonctionnement des conditions de travail dans celles-ci. Un exemple parmi tant d’autres pris sous l’emprise de règlements de comptes qui se sont accélérés dans la brutalité absolue. Il en a été de même quant à la définition des relations internationales : une arrogance avec les institutions financières et certains partenaires qui frise le ridicule. Tout le choc est là, contraire à la Constitution sénégalaise, brisant même les informations sensibles.
Attendu que le Peuple du Sénégal souverain : «Considère que la Constitution nationale repose sur la liberté individuelle et le respect de la personne humaine, sources de créativité ; conscient de la nécessité d’affirmer et de consolider les fondements de la Nation et de l’Etat.» Alors, de ce point de vue, un Premier ministre nommé peut-il s’opposer frontalement au président de la République sur les décisions qu’il entreprend [surtout] dans un régime présidentiel ? Non. Parce qu’il y a des moments pour s’opposer et des moments pour travailler… en synergie avec son supérieur, en toute fidélité, avec respect et en toute loyauté. Et cela n’a jamais été le cas entre le président de la République et son ancien premier ministre sortant [limogé à bon droit] qui l’a combattu de mille façons et de mille manières, sans raison administrative valable. Pourquoi ?
En tout état de cause, le divorce est consommé sans regret et les populations sénégalaises, dans leur diversité, en sont averties. Et la vie continue, avec un nouveau Premier des ministres dévoué au président de la République. En ce sens et ponctuellement, il s’agit dès lors de se préoccuper, de se projeter et de s’approprier [expressément] les enjeux sociaux et économiques de la République. Et ce n’est guère le moment d’une campagne électorale permanente puisque le reste du mandat du Gardien de la Constitution, élu par tout un Peuple, demeure le nôtre jusqu’à la fin de son mandat.
Autrement dit, ce limogeage met fin à des polémiques inutiles et à des attaques politiques [en permanence] désordonnées. Parce qu’un Premier ministre précède les autres ministres. Il doit pouvoir emprunter la voie d’une communication attractive et une orientation offensive positive en termes de management. Il doit pouvoir accueillir, écouter, partager, se retenir et convaincre. Il doit pouvoir accepter les ordres de son supérieur et savoir les interpréter avec mesure ; en toute prudence et avec raison. Parce que tout simplement, il aura été à la tête d’un attelage gouvernemental.
En raison qu’il avait mis en place toute une équipe qui lui était dévouée [stratégiquement], avec des ministères d’Etat à titre honorifique, attribués à certains, à raison de leur personnalité ou de l’importance de leur domaine. Il en a été de même quant aux ministres délégués chargés d’exercer pour le compte du Premier ministre, certaines des missions [purement politiques] de ce dernier. Plus maintenant, désormais… des technocrates sont sur la route. La récréation a bel et bien été sifflée par le maître des lieux et du Palais présidentiel. Il s’agit contextuellement d’aller au charbon pour redresser la barre par le travail, en toute humilité, en toute complémentarité et en toute efficacité.
Sous cet angle, la réussite de ce nouveau gouvernement sera celle de tout un Peuple fatigué, persécuté et pressurisé qui en attend des résultats significatifs voire probants.
Ibrahima Khalil MENDY
SG Syntips et président du
Mouvement des permanents Cnts



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