Vélingara – Protection et promotion des droits des enfants : Des acteurs de Ziguinchor à l’école de «l’Approche changement par la culture» de Gmp

Pendant 5 jours, une quinzaine de membres du Comité départemental de protection de l’enfant (Cdpe) de Ziguinchor et 4 autres de la région de Kolda ont séjourné à Vélingara pour se former à l’ «Approche changement par la culture», développée par l’organisation Grandmother project (Gmp-changement par la culture). Soutenue par l’ambassade des Pays-Bas au Sénégal, cette initiative cherche à doter les participants d’outils innovants leur permettant d’atteindre les objectifs de développement communautaire qu’ils se sont fixés à travers leurs projets et programmes.

Par Abdoulaye KAMARA – La protection des enfants et la promotion de tous leurs droits sont un défi majeur que se sont fixé les Comités départementaux de protection de l’enfant (Cdpe) à travers le Sénégal. Le Cdpe du département de Ziguinchor (Casa­mance), du fait de la spécificité de la localité et des enjeux de développement communautaire qui se posent à cette partie méridionale du pays, a cherché à renforcer les capacités de ses membres pour mieux réussir leurs missions. Grandmother project (Gmp-changement par la culture) a reçu, pendant 5 jours (du 29 juin au 3 juillet), 15 de ses membres pour s’inspirer de leur mode opératoire à travers l’Approche changement par la culture développée dans leurs territoires d’intervention du département de Vélingara (région de Kolda). «Cette formation, appuyée par l’ambassade des Pays-Bas au Sénégal, s’inscrit dans une dynamique de vulgarisation de cette approche innovante mise en œuvre depuis plusieurs années à Vélingara», selon Mamadou Coulibaly, Directeur national de cette organisation.
Il a ajouté : «Gmp-changement par la culture s’est donné comme mission de renforcer les capacités des organisations locales pour leur permettre de mettre en œuvre des programmes qui intègrent les aspects de la culture, les valeurs et rôles culturels dans leurs activités.» Au cours des 4 premiers jours de formation, la vingtaine de participants a visité des modules théoriques portant sur les fondements de l’approche. Ils ont été amenés à comprendre l’importance d’interroger les cultures locales, les valeurs et normes sociales, ainsi que les rôles culturels qui influencent les comportements au sein des communautés. «Cette démarche vise à identifier les pratiques favorables au bien-être des enfants en particulier, et à remettre en question toutes celles qui empêchent d’atteindre les objectifs que les institutions, les projets et programmes se sont assignés», a enseigné Mamadou Coulibaly.
La formation a connu une soirée d’immersion sur le terrain. Les participants ont suivi les équipes de Gmp dans leurs interventions communautaires afin d’observer concrètement la mise en œuvre de l’approche. A la fin de leur séjour au Fouladou, les participants ont extériorisé leurs satisfactions et mis le doigt sur les limites de leurs approches respectives dans le cadre de la promotion des droits des enfants. Ndiaga Diouf, Point focal institutionnel du Cdpe de Ziguinchor, a déclaré : «Nous exprimons notre satisfaction. La formation a été riche en enseignements avec des méthodes pédagogiques très innovantes et une thématique qui mérite d’être prise en compte dans tous nos projets de développement, notamment la prise en compte de la dimension culturelle dans nos interventions. Surtout s’il s’agit de mettre en œuvre dans les territoires, des programmes nationaux, des politiques publiques, ou en tant qu’organisations de la Société civile dans leurs interventions au cœur des communautés. Ce fut un atelier qui permettra, au retour dans nos cadres d’intervention, d’abord d’évaluer les limites que nous rencontrons dans l’intégration de la culture dans nos processus au niveau des communautés, mais surtout la place qui doit être faite aux aînés.» Et puis d’ajouter : «Le terrain nous a permis d’avoir la preuve de la pertinence de l’Approche changement par la culture. Cette sortie nous a permis de voir comment, par la culture, on peut prendre en charge la problématique du développement holistique, aussi bien des enfants, des aînés que des mères, des personnes âgées, notamment des grands-mères.»
Dans les villages de Kandia comme de Kael Bessel, les hôtes de Gmp ont participé à des séances de dialogue intergénérationnel sous l’ombrage d’un arbre, pendant lesquelles des jeunes filles, encadrées par des femmes en âge de procréation et des grands-mères, avec pertinence et aise, ont abordé des thèmes liés à l’excision, aux mariages et grossesses précoces, à la cohésion sociale et à l’éducation.
akamara@lequotidien.sn



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