L’activité syndicale, base des besoins et des revendications sociales

En tout état de cause, il faut considérer le mandataire syndical comme un praticien du droit social, un acteur qui accompagne le travailleur-salarié et le délégué du personnel en entreprise. A ce niveau, il ne peut se considérer donc comme un expert. Autrement dit, il joue un rôle de relais en entreprise. Il en est ainsi, quant à ses relations et obligations, avec le syndicat professionnel de base, la confédération ou la fédération syndicale.
En raison qu’il [le mandataire syndical] demeure un important animateur pour la défense des intérêts professionnels communs au sein de l’entreprise, à l’Inspection du travail, à la Direction du travail… et [administrativement], lors d’un recours portant sur le licenciement d’un délégué du personnel, dans les tribunaux sociaux et au Haut-conseil du dialogue social. Un atout ! Son rôle de relais lui permet également de pouvoir solliciter des rencontres auprès de certains ministères, auprès du Premier des ministres et, parfois même, auprès du président de la République. Son activité s’étend aussi à des rapprochements avec l’employeur en entreprise, comme à l’endroit de syndicats patronaux, aux fins de trouver une solution heureuse dans le cadre d’un conflit.
Que dans un tel contexte s’illustre alors le besoin qui découle de l’insatisfaction de ce qui est indispensable et nécessaire au travailleur-salarié, base de l’activité syndicale. Sur ce plan, ladite activité implique un tripartisme en termes de dialogue social à plusieurs niveaux : en entreprise d’abord, au plan institutionnel et, enfin, au plan juridictionnel.
Attendu que sous cet aperçu : «Dans le cadre du règlement des conflits individuels de travail, le Code du travail a prévu l’intervention d’acteurs importants, à savoir les assesseurs et les mandataires syndicaux. Les assesseurs sont membres du Tribunal du travail et participent donc, à rendre la justice, tandis que les mandataires assistent le travailleur pendant le règlement du différend. Les assesseurs comme les mandataires ont un statut bien défini par le Code du travail.»
En raison que la contribution des travailleurs au règlement des différends par voie contentieuse ne se limite uniquement pas à la participation de l’assesseur à rendre la justice. En effet, la loi autorise l’assistance et la représentation des parties par un mandataire. Et le statut du mandataire syndical découle des dispositions des articles L.244 à L.246 de la loi fondamentale 97-17 du 1er décembre 1997 portant Code du travail. Que ladite loi [de manière indéniable] est sous l’emprise des conventions internationales : la C87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical comme la C98 sur le droit d’organisation et de négociation collective [une obligation à la charge de l’Etat du Sénégal].
En raison qu’il y a bien lieu de se poser la question de savoir : comment s’opère l’aspiration de chaque travailleur à l’expression d’un besoin par le collectif ? Certainement par une stratégie minutieusement réfléchie, pour contrer les plans patronaux pour plus de profit financier sans partage, et davantage à l’exploitation de la force de travail du salarié en entreprise. Et que sur lesdits enjeux, ces derniers pensent que le besoin est tout simplement un désir ou un vœu. Que donc le poids de cette idéologie libérale justifie en eux le rejet quant au besoin du travailleur-salarié et la forte accumulation de la politique d’austérité entraînent une crise de productivité. Toute une malice et toute une manœuvre !
En raison que les propres besoins du milieu capital n’attendent donner aucune réponse aux aspirations légitimes du travailleur-salarié. Mieux, il l’oblige à un dévouement total et à un isolement dans son besoin. Et que, dans une position dominante et d’exclusion méthodique, il s’évertue à anéantir toute efficacité de conjugaison et d’alliance entre le travailleur-salarié, le mandataire syndical et le syndicat. C’est là toute la stratégie patronale pour récuser la démocratie qui passe par des débats d’idées en entreprise, mais surtout par une féconde concertation : source d’épanouissement individuel et collectif en milieu du travail. Alors, pourquoi un tel refus en termes de besoin en entreprise ?
En ce sens, il s’agit pour l’employeur, pour le patronat et l’Etat d’asseoir tout un ensemble de décisions bien élaborées et coordonnées, prises dans cette conjoncture déterminante, par des théories de jeux et d’amalgames, aux fins de tromper la religion du monde du travail. En ce sens, l’exigence de satisfaction des besoins devient la base de toutes les luttes sociales ponctuellement pour limiter de manière négative… et le Code du travail et le Code de la sécurité sociale au Sénégal.
Ainsi, l’Etat sénégalais s’appuie sur le chômage massif, sur les restructurations économiques et financières, comme sur les bouleversements du tissu économique et social, pour rendre davantage flexible : le régulateur social qu’est le code en violation de la convention 144 de l’Organisation internationale du travail. Et c’est pourquoi le besoin du monde du travail doit être pris en charge avec vigueur par le Front syndical de défense du travail, quel qu’en soit le coût. Il s’agit d’une lutte, pour conserver la dignité du travailleur-salarié. Il s’agit de l’existence de millions de mères et de pères de famille en détresse. Il s’agit de conservation de milliers d’emplois stables, d’habitations, de vie de couple, de paix et d’activités sociales. C’est en cela que la dimension de la lutte des besoins devient une réalité et une base revendicative syndicale. Que seul dans l’unité, le Front gagnera !
Ibrahima Khalil MENDY
Président des permanents Cnts



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