Les lampions de l’Assemblée nationale, ce 08 septembre 2026, s’éteignent plus tard que de raison sur le one-man-chauve du Premier ministre Alhaminou Lô. Depuis sa nomination à la succession de Ousmane Sonko, surtout après les ambitions politiques affichées du Président Diomaye Faye, dans les salons où ça cause pour rien, la Déclaration de politique générale du supplétif d’un «traître» ne peut tourner qu’au naufrage d’un éphémère gouvernement, que conclut sa noyade après une impitoyable motion de censure…
Snif, fermez le robinet.
Ça s’attend également à ce que le serviteur zélé de Sa Témérité Bassirou Diomaye Faye (la preuve, deux épouses au compteur), le placide Premier ministre y arrive le couteau entre les dents, prêt à laver à grande eau les affronts parlementaires au prix de sa vie.
En principe, ça va gicler sur les murs…
Ô surprise, Alhaminou Lô se montre plutôt obséquieusement coulant envers le Gourou de Pastef, ci-devant président de l’Assemblée nationale par effraction. Devant ce Parlement truffé d’ignares, illettrés et analphabètes, il est comme un poisson dans l’eau.
Pour nous autres, ordinaires Sénégalais à la comprenette obtuse, qui nous régalons à longueur de journée de la boucherie des gladiateurs politiques, la déception est cruelle. Comme le disent nos salamalecs traditionnels selon Birago Diop, le Premier ministre ne cherche que la paix seulement…
Ça tombe bien : les députés de Pastef, qui n’ont que leurs salaires, passeports diplomatiques, tout-terrains et, on s’en doute, crédits immobiliers, préfèrent éviter un accident de l’histoire qui mettrait fin prématurément aux plus beaux jours de leurs existences.
Bassirou Diomaye, assurément, dont les épouses peuvent claquer un demi-milliard en toute légitimité pour le bonheur de nos potaches lors des Joj, n’a pas envie d’engager de bras de fer avec Pastef au moment où il fait des yeux de merlan frit au Fmi qui lui promet 2, 2 milliards de dollars, tandis que sa machine électorale est en plein casting, et que les finances publiques se passeraient volontiers de dépenses de maintien d’ordre supplémentaires, au prix où sont les lacrymogènes…
En un mot comme en cent, Alhaminou était en mission de contorsionniste politico-diplomatique, qui démontre en français que le gouvernement sénégalais a à sa tête un financier de haute voltige, et prouve en wolof que les inepties de Pastef qui conduisent au cinquième sous-sol sont paroles coraniques mais que l’envoyé n’ayant pas la compétence, il se voit obligé, à son corps défendant, de le remplacer.
Cocktail des daaras de l’insaisissable Ndiambour et pur jus de l’école de la République, qui rêve de savourer une retraite méritée après quatre décennies en eaux troubles de banque centrale, Sa Modeste Créature Divine n’en demande pas tant : le nouveau régime «Diomaye môy Sonko» est son bienfaiteur, son sauveur. Alhaminou Lô, ça coule de source, vient sans doute d’échapper, lorsqu’on le convoque dans le premier gouvernement en avril 2024, à une fin de vie qu’on imagine rythmée par les navettes entre le domicile et la mosquée, ses interminables ablutions avant ses dévotions vis-à-vis du Coran. Et, tout banquier chiche à la retraite qu’il est, le partage de ses maigres deniers avec les quelques miséreux que son impitoyable destin les fait croiser.
Une place au Paradis, ça ne se mérite pas qu’à la nage…
Et donc, un beau matin, Bassirou Diomaye Faye «Mahaza» et Saint Ousmane de Sweet Beauté, au sortir d’un miracle électoral, les nouveaux maîtres de céans et au-delà, en font un membre du gouvernement. Un Vip de la République. Il lâche chapelet et chéchia pour servir le peuple des 54%. Vous comprendrez bien que ce n’est ni pour l’argent (un ancien directeur de banque centrale garde un bas-de-laine impressionnant) ni pour la gloire. C’est le moment de soulager sa conscience, il sait tout : Macky Sall et son gang sont des braqueurs du Trésor public. Alors que le tandem Diomaye-Sonko se répand sur la «dette cachée», il prend sur lui d’avouer que lui-même, financier chevronné, se fait couillonner sur ce sujet.
On suppose que Dg de la Bceao est pastéfien clandestin, il milite avant 2024 pour la suppression du Cfa…
Il y a aussi des Sénégalais qui gardent mille milliards dans leurs comptes impunément ; tous les chantiers de Btp sont frauduleux et les exploitants de nos ressources naturelles, des escrocs. Le Despote Eclairé de Pastef, à la science infuse, auteur d’un livre saint de «Solutions» devenu introuvable, ne supporte pas la contradiction et lance un assaut contre les moulins à vent.
Bien entendu, le Fmi aussi porte un bonnet d’âne identique : personne parmi ses experts cher payés ne voit rien venir dans cette gigantesque escroquerie mackyavélique. Problème : le gendarme du monde de la finance, quand il n’y comprend rien, arrête tout…
Deux ans après, les finances publiques tirent la langue, les accusés de malversations bénéficient de non-lieu et liberté provisoire à la chaîne, les entreprises ferment, des dizaines de milliers de Sénégalais perdent leur emploi…
Et puis, il y a surtout que Ousmane Sonko s’impatiente de s’installer au Palais présidentiel alors que le locataire et sa Première dame commencent à s’y plaire de plus en plus… Le dilemme cornélien finit par un sordide arrangement qui voit le Premier ministre dont le bilan catastrophique coule le pays, devenir de manière psychédélique la deuxième personnalité de la République, tandis que Lô coule sous les ponts et passe Premier ministre.
Les Sénégalais, dans leur logique, restent constants : ils élisent le 24 mars 2024 le candidat au plus chétif Cv ; le 17 novembre 2024, ils envoient au Parlement la liste la plus loufoque sous la bannière d’un parti qui appellera à l’insurrection et causera des dégâts irréparables des années durant ; le pire Premier ministre de l’Histoire, qui démolit notre économie et notre réputation, à la suite de ses dégâts, se retrouve deuxième personnalité de la République. Un de ses supplétifs les plus zélés, également, prend du grade et se voit propulsé Premier ministre…
Ce jour de Dpg nous édifiera au moins sur le tableau général : le Sénégalais ordinaire choisit d’installer aux commandes de la République les derniers de la classe. Mention spéciale pour l’actuel Premier ministre dont les contorsions évitent à son attelage la motion de censure dont la menace est brandie depuis son arrivée à la Primature…
Il est dans la position du solide gaillard, aîné d’un vieux couple en pleine bagarre, qui s’interpose entre ses parents et menace de tabasser «le propriétaire du premier pantalon bouffant qui (le) frôle». Alhaminou fait semblant de servir la République, les intérêts des Sénégalais et de la République avec cette touchante objectivité…
Je me permets d’invoquer Maître Aïssata Tall Sall pour la vraie question parlementaire de toute cette vaste blague : à quel Alhaminou Lô se fier ?
Par Ibou FALL
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