Dans le monde politique, le mot renégat était utilisé à l’endroit de quelqu’un qui avait trahi un idéal ou une cause ! Ce qualificatif, qui est à la fois méprisant, malsonnant et avilissant, résonnait tristement dans l’oreille d’un militant. Pour plusieurs militants de Pastef, Bassirou Diomaye Faye, qui s’est démarqué de la ligne politique du parti, est un déviationniste. Cette affirmation, qui est très chargée politiquement, révulse les souteneurs de Diomaye Faye, qui récusent avec force les accusations qui sont portées à l’encontre de leur leader.
Mais le danger qui peut guetter Diomaye Faye dans cette affaire, c’est quand ces derniers arrivent à convaincre une bonne partie de la population qu’il est un renégat. Et ce sera alors un coup dur pour le camp du pouvoir !
Diomaye Faye devra alors s’attendre à ce que cette question soit utilisée comme une arme redoutable contre son régime ! Mais, après sa rupture de ban avec Pastef, Diomaye Faye pouvait-il se laisser harceler en permanence par Pastef sans coup férir ? Certainement non ! Bassirou Diomaye Faye a ainsi trouvé utile de piocher dans le bassin de Pastef pour renforcer son aura politique. Ce qui semble tout à fait normal. Et jusque-là, il n’y a alors rien à dire !
Bassirou Diomaye Faye s’est récemment exprimé sur cette question ; et il n’a pas tremblé pour dire d’une manière claire et nette : «La seule chose que je suis susceptible de trahir, c’est mon serment devant le Peuple sénégalais et devant Dieu. Au-delà de ce serment, il n’y a rien d’autre qui m’engage.»
Alors, comprendra qui pourra !
Mais ce qui peut semer le doute dans l’esprit de beaucoup de Sénégalais et réduire en même temps la portée de son message, c’est quand on le voit ouvrir les portes du Palais à ces habitués de la transhumance qui font la queue pour bénéficier des largesses du pouvoir. Et cela peut être mal perçu par les populations, comme il peut aussi donner une mauvaise image de son régime.
On ne pense pas en tout cas que le recyclage de ces carriéristes politiques qui se bousculent au portillon du prince soit la bonne solution pour lui.
Maintenant, si les Sénégalais, qui semblent davantage préoccupés par leurs conditions de vie, disent qu’ils en ont marre de ce débat filandreux entre politiciens, les questions économiques pourront occuper une place centrale dans le jugement qu’ils porteront sur leur Président. Et dans ce cas, c’est le bilan du Président qui sera soit son principal allié, soit son principal adversaire.
Mais enfin, acceptons au moins que la transhumance, qui est une manière de contourner le suffrage des électeurs, dérègle le jeu politique et fausse les règles du jeu démocratique.
Elle est en tout cas la plus grande menace qui pèse sur la démocratie sénégalaise !
Et pire encore, les grands donneurs de leçons de ce pays sont des transhumants invétérés qui ont largement contribué à la récurrence de ce phénomène.
A l’exemple de l’un d’eux qui détient la palme de la transhumance, en tant que transfuge du Pit, du Pds, de l’Apr, défenseur zélé de la Coalition Diomaye, et aujourd’hui Kiraay qu’il va certainement quitter, s’il voit le vent tourner de l’autre côté. Alors, que ce dernier, qui n’est pas un exemple de constance en politique, sache au moins qu’il n’est pas bien placé pour s’ériger en donneur de leçons ! D’ailleurs, son nom à lui seul est tout un programme de reniement des différentes causes politiques qu’il a défendues à tour de rôle ! On peut louer ses performances académiques, mais il n’est pas une référence politique !
Bref, la transhumance au Sénégal dépasse ainsi le cadre politique pour devenir une question de salubrité publique ! Elle doit alors être combattue par toutes les forces démocratiques qui tiennent au respect strict du suffrage des électeurs et la bonne marche de la démocratie.
Babacar Papis SAMBA
La Pensée complexe
from Lequotidien – Journal d'information Générale https://ift.tt/9MAOpCJ
Commentaires
Enregistrer un commentaire