Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé, ce mardi 24 février 2026, devant l’Assemblée nationale, le dépôt d’un projet de loi visant à criminaliser plus sévèrement l’homosexualité. Entre fermeté législative et rappel à l’ordre sur le respect du secret médical, le chef du gouvernement entend reprendre la main sur un dossier sociétal brûlant.
C’est une annonce qui marque un tournant dans la politique pénale du pays. Répondant à l’interpellation du député de l’opposition Abdou Mbow, Ousmane Sonko a révélé avoir personnellement porté et transmis au président de l’Assemblée nationale, un projet de loi modifiant l’article 319 du Code pénal. Ce texte, le premier déposé directement par le Premier ministre lui-même, définit désormais explicitement l’acte contre nature comme «tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre deux personnes de même sexe», incluant également la nécrophilie et la zoophilie.
Des peines drastiques et sans sursis
Le gouvernement propose un arsenal répressif nettement renforcé pour dissuader ces pratiques, avec un durcissement de l’emprisonnement, qui passe de cinq à dix ans ferme (contre un à cinq ans actuellement), amendes fixées entre deux et dix millions de francs Cfa. Il est prévu des circonstances aggravantes : la peine maximale sera systématiquement appliquée si l’infraction concerne un mineur. Et une sévérité judiciaire : le projet de loi interdit au juge d’accorder un sursis ou de prononcer une peine inférieure au minimum légal. Le texte prévoit également de sanctionner l’apologie et le financement de ces actes par des peines allant de trois à sept ans de prison. Sonko dit : «Les parties prenantes dont «And samm jikko yi», s’accordent sur la nécessité de rester dans ce cadre, plutôt que de procéder à une criminalisation. Nous pouvons atteindre les objectifs visés sans aller jusqu’à ériger les faits en crime.»
Dans un discours teinté de souverainisme, Ousmane Sonko a balayé les craintes liées aux pressions des «lobbys organisés» ou des institutions financières internationales. «Nous ne croyons qu’en Dieu et nous sommes avec le Peuple sénégalais», a-t-il martelé, affirmant que l’Etat doit assumer ses responsabilités plutôt que de se défausser sur des considérations de «faits de société». Pour lui, la légitimité populaire prévaut sur toute influence extérieure.
Rappel à l’ordre : l’Etat contre les «tribunaux populaires»
Tout en prônant la fermeté, le Premier ministre a vigoureusement dénoncé les dérives récentes constatées lors d’arrestations pour homosexualité présumée. «Rien ne les autorise à publier les noms des gens… C’est une question régalienne», a-t-il lancé, visant notamment les activistes s’érigeant en autorités morales.
Ousmane Sonko a d’ailleurs révélé avoir demandé le retrait de la protection sécuritaire de l’activiste Mame Mactar Guèye. Il s’est particulièrement indigné de la violation du secret médical et de l’exposition du statut sérologique des prévenus sur la place publique. «On est en train de détruire des familles», a-t-il déploré, fustigeant le silence du Parquet face à la divulgation des procès-verbaux d’instruction. Le projet de loi devrait être examiné par les députés dans les prochaines semaines.
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