Face au «mutisme» du gouvernement concernant l’application des accords résiduels, l’Alliance des syndicats autonomes de la santé (Asas) And Gueusseum entame une nouvelle phase de radicalisation. Le syndicat a annoncé un plan d’actions musclé incluant des grèves cycliques de 72 heures dès le mois d’avril, tout en interpellant directement le chef de l’Etat pour débloquer la crise.
Par Amadou MBODJI – L’Alliance des syndicats autonomes de la santé (Asas) And Gueusseum ne desserre pas l’étau ! Réunie pour évaluer son 8ème plan d’actions, la structure syndicale a dressé un constat amer : aucune avancée notable n’a été enregistrée concernant les revendications des travailleurs. Face à ce qu’elle qualifie d’«inaction» et de «logique de pourrissement» de la part du gouvernement, l’alliance a décidé de passer à la vitesse supérieure.
Un calendrier de grèves perlées
La principale mesure de ce nouveau bras de fer est l’instauration de grèves de 72 heures renouvelables tous les quinze jours. Pour la première phase de ce calendrier, les dates ont déjà été fixées : mercredi 8, jeudi 9 et vendredi 10 avril. Mballo Thiam, président de l’Alliance And Gueusseum, a précisé que ces arrêts de travail se feront avec le respect des urgences, mais sans observance du service minimum. Parallèlement, le boycott de la supervision et des sessions de formation reste maintenu sur l’ensemble du territoire. En cause, des accords résiduels qui tardent à se concrétiser alors que le ministère de la Santé annonce des avancées dans certains points, en admettant des blocages au niveau de l’indemnité de logement par exemple.
Le cœur du conflit réside dans l’application des accords dits «résiduels». Le syndicat réclame notamment l’octroi de l’indemnité de logement pour les contractuels des établissements de santé, la régularisation des agents des collectivités territoriales évoluant dans le secteur de la santé. «Le gouvernement s’inscrit dans une logique de pourrissement du conflit. De ce point de vue, And Gueusseum n’a d’autre alternative que la poursuite de l’intensification, pour ne pas dire la radicalisation de sa lutte», a martelé le Dr Thiam.
L’organisation syndicale dénonce également la méthode de travail de la Primature. Elle fustige l’attitude du Premier ministre qui, selon elle, ignorerait les syndicats sectoriels au profit d’un dialogue avec les responsables nationaux des centrales syndicales, jugés peu représentatifs des réalités de la base. Devant cette impasse, l’Asas And Gueusseum lance un appel public au président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Le syndicat sollicite une intervention directe du chef de l’Etat pour arbitrer ce différend et éviter une paralysie prolongée du système de santé sénégalais.
ambodji@lequotidien.sn
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