Face à l’essoufflement du modèle de gestion publique et aux signaux d’une crise sociale imminente, Action pour les droits humains et l’amitié (Adha) tape du poing sur la table. Dans un communiqué sans concession, l’organisation exige le démantèlement des fonds opaques et une restructuration profonde de l’Administration. Pour Adha, la «gouvernance sobre et vertueuse» ne doit plus être un slogan, mais une réalité budgétaire passant par la suppression des privilèges indus.
Alors que le spectre d’une crise économique et sociale plane sur le Sénégal, Action pour les droits humains et l’amitié (Adha) monte au créneau. Dans son dernier communiqué (CP006-0426), l’organisation de défense des droits humains appelle le gouvernement à une rupture radicale avec les pratiques de gestion opaques et à la suppression immédiate des privilèges financiers qui accentuent les inégalités.
L’alerte d’Adha ne survient pas par hasard. L’organisation dresse un constat alarmant de la situation nationale : un monde rural menacé par la faim, un secteur des transports en crise, et une incertitude croissante autour des programmes universitaires. Pour dha, le discours officiel prônant la rigueur ne peut être crédible sans une exemplarité au sommet de l’Etat. Elle s’interroge notamment sur la pertinence de la création de fondations liées aux «grandes dames» du pays, soulevant des questions cruciales sur leur justification et l’origine de leurs financements en période de restriction budgétaire.
Les deux piliers de la réforme exigée
Pour garantir l’équité sociale et la bonne gouvernance, Adha articule ses revendications autour de deux axes majeurs : la suppression des fonds opaques et la rationalisation de l’appareil étatique. L’organisation demande l’abolition immédiate des fonds communs alloués à certains corps de fonctionnaires privilégiés et des caisses de fonds discrétionnaires rattachées à la présidence de l’Assemblée nationale et à d’autres hautes institutions. «Ces mécanismes sont des privilèges excessifs en déphasage avec les principes constitutionnels d’égalité devant les charges publiques», martèle le communiqué.
Adha fustige les structures redondantes. Elle appelle à une fusion ou suppression des agences et directions dont les missions se chevauchent, dénonçant un «clientélisme» et un «gaspillage» qui affaiblissent la performance de l’action publique. Pour Adha, le contrat social est clair : les citoyens ne peuvent consentir à des sacrifices que si ces derniers sont équitablement partagés. L’organisation exhorte donc les autorités à agir sur trois leviers : légiférer sans délai pour supprimer les privilèges financiers, lancer un audit indépendant et public des fonds spéciaux et des agences, et réorienter les économies réalisées vers les secteurs vitaux (éducation, santé, emploi des jeunes et protection sociale).
Enfin, Adha rappelle que la crédibilité de l’Etat dépend de sa capacité à instaurer une gouvernance sobre et transparente. Si les autorités prédisent des «lendemains difficiles», l’effort de guerre doit, selon l’organisation, commencer par le démantèlement des privilèges de l’élite administrative et politique.
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