Justice – Procès en appel des 18 supporters emprisonnés au Maroc : Jour de vérité pour le «12e Gaïndé»

Après trois reports successifs, la Cour d’appel de Rabat examine, ce lundi, le dossier des 18 supporters sénégalais incarcérés depuis la nuit de la finale. Pour certains d’entre eux, l’horloge judiciaire tourne dangereusement vite.

Par Malick GAYE – C’est une audience que leurs familles et leurs avocats attendent depuis près de trois mois. Ce lundi 13 avril 2026, la Cour d’appel de Rabat se penche enfin sur le dossier des 18 supporters sénégalais détenus au Maroc depuis le 18 janvier, la nuit de la finale de la Can 2025. Condamnés en première instance le 19 février par le Tribunal de Rabat pour des actes de «hooliganisme», les prévenus avaient écopé de peines allant de trois mois à un an de prison ferme.

La date du 18 avril concentre désormais toutes les attentions. Ce jour-là, les détenus auront passé exactement trois mois derrière les barreaux. Pour les trois supporters condamnés à trois mois de détention en première instance, l’équation est simple : si la Cour d’appel confirme la sentence, ils recouvrent la liberté dès le 18 avril. En revanche, si la peine est maintenue pour les quinze autres, condamnés à six mois ou à un an, ces derniers devront encore purger respectivement trois et neuf mois supplémentaires. Tout l’enjeu de l’audience de ce jour est là : obtenir une révision à la baisse des con­damnations, voire une relaxe.

Le feuilleton judiciaire a connu plusieurs rebondissements depuis l’ouverture du procès en appel. Initialement prévu le 16 mars, il avait été renvoyé une première fois pour permettre à la défense de préparer les dossiers, puis reporté au 30 mars. A l’ouverture de cette dernière audience, c’est la partie civile, qui venait de déposer ses conclusions, qui a demandé un nouveau renvoi, accordé au 13 avril. Soit aujourd’hui.

Les 18 prévenus sont poursuivis pour des faits qualifiés de «hooliganisme» : actes de violence, jets de projectiles, tentative d’envahissement de la pelouse et dégradation d’équipements sportifs aux abords du stade ; des accusations que la défense conteste. Le dossier concerne en réalité 19 personnes dont 18 Sénégalais et un ressortissant français dont la défense avait elle aussi sollicité le dernier report.

Sur le plan diplomatique, les autorités sénégalaises ont choisi de ne pas interjeter appel de la décision de première instance, privilégiant la voie diplomatique pour obtenir la libération de leurs compatriotes. «Nos compatriotes continueront de bénéficier de l’assistance de leur pool d’avocats, ainsi que de notre représentation diplomatique et consulaire au Maroc», avait déclaré Amadou Chérif Diouf, secrétaire d’Etat aux Sénégalais de l’extérieur.
L’affaire se déroule en toile de fond d’un contentieux plus large entre le Sénégal et le Maroc autour du trophée de la Can 2025 dont le règlement reste pendant devant le Tribunal arbitral du sport (Tas). Une coïncidence de calendrier qui alimente les soupçons de la défense sur d’éventuelles manœuvres dilatoires.
La décision rendue ce jour par la Cour d’appel de Rabat sera scrutée de près, au Sénégal comme à l’international. Pour 18 familles suspendues à l’issue d’une procédure déjà longue, l’heure du verdict a enfin sonné.
mgaye@lequotidien.sn



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