Face au flou entretenu autour des prochaines échéances locales, les
organisations de la Société civile tapent du poing sur la table. Elles exigent du chef de l’Etat la publication immédiate de l’horloge électorale et l’ouverture de la révision des listes. Une sortie qui fait écho aux fermes mises en garde lancées par le leader de Pastef, Ousmane Sonko, contre toute tentative de report des
élections sans consensus national.
Le processus électoral entre dans une zone de turbulences, et la Société civile sénégalaise, à travers le Collectif des organisations de la Société civile
(Cosce), refuse de jouer les spectateurs passifs. Réunies hier, plusieurs organisations citoyennes ont exprimé leur vive préoccupation face au
silence des autorités sur les grandes étapes des scrutins à venir. Pour ces acteurs de la vie publique, le message adressé au chef de l’Etat est on ne peut
plus clair : «Monsieur le Président, il est temps de rendre visible l’horloge électorale.»
Un déficit d’information qui fragilise la démocratie
La Société civile exige une feuille de route précise, incluant le calendrier des élections locales et la période de révision des listes électorales.
En l’absence de ces données cruciales, elle dénonce une situation profondément injuste : «Il existe une rupture d’égalité flagrante entre les acteurs
politiques lorsque seul le camp présidentiel détient les informations relatives au calendrier électoral.»
Ce traitement asymétrique de l’information ne fait qu’envenimer le climat politique. Selon les signataires de la déclaration, ce déficit de communication
nuit gravement à la transparence du processus, alimente les spéculations les plus folles et fragilise, in fine, la confiance indispensable entre les différentes parties prenantes.
Le Code électoral n’est pas un «permis de reporter»
Pour couper court aux velléités de report qui bruissent dans les couloirs du pouvoir, la Société civile a tenu à faire un rappel de la loi. Si les articles
L.236 et L.269 du Code électoral prévoient effectivement la fixation des dates par décret présidentiel, les organisations préviennent que ces dispositions ne sauraient être interprétées comme un chèque en blanc ou un «permis de report» qui s’affranchirait d’un consensus global.
Cette levée de boucliers de la Société civile intervient 24 heures seulement après la sortie musclée de Ousmane Sonko.
Lors de sa dernière prise de parole avant-hier, le leader de l’opposition avait lui aussi tracé une ligne rouge infranchissable, avertissant le régime contre
toute tentation de manipuler le calendrier électoral à des fins politiciennes. Sonko avait prévenu qu’un report unilatéral ouvrirait la voie à une crise
politique majeure, appelant ses partisans à rester mobilisés.
Aujourd’hui, la convergence des positions entre l’opposition et la Société civile sonne comme un avertissement solennel :
le respect du calendrier républicain n’est pas négociable, et le pouvoir devra rapidement abattre ses cartes pour apaiser les esprits
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